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Livre

Les Samouraïs (2025)

Roman

Cinq garçons de onze ans se rencontrent dans un parc et forment un gang. Ensemble ils se lancent des défis où s’exprime audace, ingéniosité et un goût certain pour l’aventure. Entre complicité, rivalités et mystères, leur univers bascule peu à peu dans une réalité parallèle où la magie devient possible. À travers ces épreuves initiatiques, se dévoilent les forces et les failles de chacun.

 

Un roman tendre et espiègle sur l’enfance, la quête de soi et l’imaginaire, où la frontière entre jeu et vérité s’efface… pour laisser place à la vie.

Couverture du livre Les Samouraïs

Extrait

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D’abord, nous étions tous sur un navire en mer et tout le monde pêchait avec fébrilité. Les poissons sautaient de partout, hors de l’eau. On les voyait danser avec le soleil tandis qu’on patientait que l’un d’eux morde à l’un de nos hameçons. Jean-Marc était vêtu d’une toge de magicien bleu marin avec des étoiles argentées teintes dessus. Il prit alors un hareng comme appât, lequel était magnétisé par le secret du sortilège. Puis, les pieds à l’intérieur d’un cercle d’envoûtement, il l’accrocha à l’hameçon en récitant la formule à voix basse avant de lancer sa grosse ligne à l’eau. L’hameçon devait faire neuf centimètres et brillait parfaitement sous les rayons du soleil, tandis que la canne avait un gros moulinet en aluminium et se trouvait elle-même faite de fibre de carbone couleur de bronze. Rapidement, un thon d’un mètre et demi sortit de l’eau avec le fil de pêche dans la bouche et tira Jean-Marc presque à l’extérieur du cercle de protection qu’il avait dessiné au sol, tout près du bord du voilier.

 

     — Regardez Jean-Marc ! ai-je crié. Il a une grosse prise.

 

Tout le monde laissa tomber sa canne pour courir vers lui et l’entourer, comme pour le soutenir, mais aussi témoigner du spectacle. Ludwig à la barre l’observait de loin avec de grands yeux. À ce moment, chacun savait qu’il ne devait pas pénétrer le cercle tracé au sol, et que Jean-Marc ne devait pas en sortir. Le poisson était coriace, mais se trouvait bien accroché à l’hameçon. Jean-Marc savait que ce n’était qu’une question de temps avant que la bête n’abdique. Celle-ci bondissait au-dessus de la surface de l’onde pour tenter de s’échapper, mais l’emprise était trop forte au fond de sa gorge. Jamais elle ne parviendrait à se défaire du crochet planté en elle. La joute dura un bon moment. Jean-Marc valsait avec le poisson en tendant la ligne puis la relâchant. Le soleil du Pacifique reluisait sur l’onde de milliers d’éclats infinis. La ligne était en voltige. Le gros thon refusait de se rendre, mais Jean-Marc tenait bon pour l’épuiser et le ramener à lui.

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